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De l’eau douce pour Karavatti

jeudi 31 juillet 2008 par Aurore*

Depuis des décennies, les habitants de Karavatti, l’une des 27 îles indiennes des Laquedives situées dans la mer d’Oman, étaient réduits à boire une eau saumâtre. Depuis peu, ils ont accès à l’eau douce.

En effet, un système de dessalement, dont le fonctionnement est basé sur la différence de température entre les eaux de surface et les eaux de profondeur permet de produire de l’eau douce. Jusqu’alors, les habitants de Karavatti, qui vivent dans un lieu certes paradisiaque, devaient se contenter d’une eau de piètre qualité.

- Un processus de dessalement thermique

L’eau de surface est chaude, sa température va de 26 à 30 degrés, tandis qu’à une profondeur de 350 mètres, la température descend jusqu’à 13 degrés. L’eau de surface est donc pompée vers une usine de traitement, et acheminée dans une chambre sous vide installée à terre. Dans cette dernière, la basse pression favorise l’évaporation.

Dans une autre pièce, l’eau froide, pompée depuis les profondeurs, condense la vapeur en eau douce. Il s’agit donc d’une méthode de dessalement thermique, puisque l’on se sert de la différence de température existant entre les deux eaux.

Toutefois, à cette échelle d’exploitation du procédé, celui-ci consomme 30% d’énergie de plus que le procédé de dessalement par osmode inverse. Selon les concepteurs et les autorités, cette consommation serait amoindrie et amortie si l’échelle de production augmentait. Une échelle qui prévoit de multiplier par 100 la production d’eau douce.

- Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier

Depuis, les experts suivent le développement du projet. Selon Luis Vega, qui a conçu une usine thermique de dessalement d’eau de mer produisant aussi de l’électricité et de l’eau douce pour le Natural Energy Laboratory de Hawaii, l’augmentation de l’échelle de production ne permettrait pas de réduire le coût. Il pense que le gouvernement soit aussi investir dans des solutions à basse technologies, comme la collecte de l’eau de pluie. Quoiqu’il en soit, il n’y a pas une mais des solution !

Et pour pouvoir donner à chacun l’accès à l’eau, à une époque où celui-ci est menacé, il faut chercher des alternatives.

En fait, le processus est inspiré de ceux mis en place par la nature pour faire tomber la pluie ! De nombreuses idées aujourd’hui, en matière d’innovation technologique, s’inspirent de la nature. Par exemple, pour l’énergie solaire, pour l’isolation et encore bien d’autres exemples.

Source : Courrier International, 31.07.2008

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